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Catégorie : Article
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Les causes principales de l’apparition des troubles du comportement dans le Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA) sont

  • le trouble de la communication
  • le trouble du traitement des informations sensorielles
  • les douleurs somatiques

Afin de comprendre et d’accompagner au mieux la personne avec Autisme, il est donc nécessaire de bien prendre en compte les troubles sensoriels éventuels qui peuvent perturber significativement le développement et les comportements au quotidien.

Depuis la publication du DSM-5 en 2013, les troubles sensoriels font partie intégrante du diagnostic. 
Une hyper ou hypo réactivité à des stimuli sensoriels ou des intérêts inhabituels envers des éléments sensoriels de l’environnement y sont décrits.

Comme par exemple:

  • une indifférence à la douleur/température
  • une gêne à certains sons ou textures
  • une fascination pour les lumières ou objets qui tournent 

Les capteurs sensoriels semblent bien fonctionner.
En revanche, les études décrivent un trouble du traitement des informations sensorielles au niveau du Système Nerveux Central avec des difficultés à moduler, à filtrer le message qui est perçu trop ou pas assez fort (inhibition des informations pertinentes et alerte de l’individu sur des informations non pertinentes) et induisant des réactions de désarroi, de négligence ou de fascination.

 

 

Vivez-en l'expérience grâce au lien ci-dessous


[tiré du Monde de l'autisme - webdocumentaire de TV5 Monde]

 

3 grands profils comportementaux sont décrits


Hyper-sensibilité

Réponse exagérée à une stimulation sensorielle du fait d’un seuil de perception bas. 
De façon un peu caricaturale, la personne a besoin que la stimulation soit plus faible pour apporter une réponse adaptée.


Hypo-sensibilité

Absence de réponse ou réponse très ténue à une stimulation sensorielle du fait d’un seuil de perception élevé.
La personne aurait besoin que la stimulation soit plus élevée, plus franche pour apporter une réponse adaptée.

Recherche de sensation

Intérêt marqué, envahissant pour certaines expériences sensorielles.

 

Vivez une expérience d'hyper sensibilité à l'environnement grâce au film ci-dessous
(Sensory Overload (c) 2012 - Autism Project - Miguel Jiron/Scott Mahoy)

 

Chez certaines personnes, l’hyper sensibilité peut devenir une hyper compétence, voir un  talent

  • oreille absolue (aptitude à reconnaître et à déterminer à l'écoute d'un son musical la ou les notes de musique correspondantes sans référence auditive préalable)
  • nez (capacité à discriminer et à mémoriser un grand nombre d’odeurs)
  • grande mémoire des détails visuels (voir l'exemple de Stephen Wiltshire dans le film ci-dessous, produit pour la campagne "We will not rest" de la société UBS en 2011)

 

Bien que la description schématique de ces 3 profils aide à mieux appréhender le fonctionnement sensoriel de la personne avec autisme, il ne peut pas expliquer à lui seul toutes les particularités sensorielles décrites par les études scientifiques et par les témoignages des personnes avec Autisme. Nous citerons par exemple les difficultés à interpréter le langage rapide et les mouvements humains.
Ces recherches et témoignages actuels et à venir, vont certainement continuer à éclairer notre compréhension afin d’apporter des réponses toujours plus justes. 

Le témoignage de Temple Grandin aux Journées Nationales des C.R.A. en 2014 à Tours en est une illustration.
(extraits - (c) 2014 - C.R.A. Centre-Val de Loire)

 

Le trouble du traitement sensoriel touche quasiment toutes les personnes avec Autisme mais est très variable d’une personne à l’autre (en intensité, en fréquence, en nombre de modalités touchées). Il peut changer au cours d’une même journée (en fonction de l’état de fatigue, de la période de digestion…) et se transforme au cours du neurodéveloppement.

 

Les modalités sensorielles

Le trouble du traitement des informations sensorielles peut toucher toutes les modalités sensorielles. Les systèmes sensoriels les plus connus sont

la vision 

l’audition 

le toucher 

l’olfaction et la gustation

D’autres modalités moins connues sont toutes aussi importantes à prendre en compte :

- le système vestibulaire  est le sens de l’équilibre qui fournit des informations sur la position de la tête et sur les déplacements dans l’espace.

- le système proprioceptif  ou sensibilité profonde renseigne sur l’état et la position du corps grâce à des récepteurs localisés dans la musculature profonde, les articulations et les tendons.

- la nociception  et la thermoception   sont respectivement les sens de la douleur et de la température.

 

Evaluer les troubles sensoriels pour mieux accompagner

Une évaluation approfondie et régulière par un psychomotricien ou un ergothérapeute permet d’établir une ligne de base et de construire un projet au plus près de la problématique sensorielle de la personne. Cette évaluation clinique associe les observations des parents au quotidien et des mises en situation par le clinicien. 
Des outils existent afin d’aider à l’élaboration du profil sensoriel (modalité sensorielle préférentielle, modalité sensorielle gênante, modalité sensorielle négligée, modalité sensorielle envahissante). 

Certains d'entre eux sont validés et étalonnés en France, nous citerons ici le Profil sensoriel de Winnie DUNN très communément utilisé pour les enfants.  Une version pour les adolescents et les adultes sous forme d’un auto-questionnaire est traduite en Français et est commercialisée au Canada. 
D’autres outils sont construits spécifiquement pour les personnes avec Autisme, mais ne sont pas encore validés ou commercialisés. 
Nous pouvons citer le Profil Sensoriel et Perceptif Révisé de Olga BOGDASHINA, ou encore l’échelle d’Évaluation Sensorielle de l’Adulte avec Autisme (ESAA) de Claire DEGENNE-RICHARD.

Une fois l’évaluation réalisée avec des hypothèses de travail posées, une intervention spécifique peut être réalisée en séance de psychomotricité ou d’ergothérapie, mais aussi au quotidien (à la maison, sur le lieu de travail, à l'école...). 

Une intervention est toujours plus efficace lorsque professionnel et famille travaillent de concert avec des objectifs communs, chacun avec son expertise. 
Le parent en tant qu’expert de son enfant, et le professionnel clinicien en tant qu’expert de l’autisme.

 

Et concrètement, quel matériel ? 

Dans un contexte bien formalisé (durée, activité, lieu) associé à des objectifs clairement identifiés et ré évaluables, l’utilisation d’un matériel spécifique peut être indiquée.

Nous vous proposons quelques fiches techniques de matériels, non exhaustives, classées en fonction des différentes modalités sensorielles.

 

Cliquez sur la boîte à outils

 

 

 

Découvrir et Tester

 

Vous pouvez retrouver certains outils sensoriels au Centre de documentation du C.R.A. Centre-Val de Loire afin d’en faire vous-même l’expérience !

 

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De plus, si vous avez fait vous-même une expérience satisfaisante avec un outil non référencé sur ce site, n’hésitez pas à nous en faire part pour une mise à jour.

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Que disent les recommandations de bonnes pratiques de l’HAS/ANESM (2012) ?

Dans les recommandations sur les interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l'enfant et l'adolescent, il est dit que « Les pratiques dites « d’intégration sensorielle », très diverses, n’ont pas fait preuve de leur efficacité au vu des données publiées ; cependant, pour certains enfants/adolescents avec TED dont les évaluations du fonctionnement montrent des particularités sensorielles ou motrices, les pratiques ci-dessous peuvent apporter des bénéfices en termes d’attention, de réduction du stress ou de comportements inadaptés aux stimulations sensorielles (accord d’experts). […]

La psychomotricité et l'ergothérapie peuvent être proposées, parfois de façon combinée, pour […] proposer des aménagements de l'environnement permettant d’éviter les sur-stimulations ou au contraire favoriser des stimulations suffisantes, par exemple au niveau du bruit, de la lumière, ou au niveau tactile (perspectives ergonomiques) (accord d’experts).

Dans les cas où une hypersensibilité importante existe, un travail d'atténuation ou de modulation de cette sensorialité exacerbée peut être proposé, ainsi qu’un aménagement de l’environnement pour agir sur les stimulations sensorielles gênantes (lumière, bruit, etc.).

Dans les cas où une hyperacousie est mise en évidence et entraîne une souffrance chez l’enfant/adolescent, des filtres auditifs peuvent être proposés pour limiter les effets négatifs de l’hyperacousie sur la concentration de l’enfant/adolescent.

Les pratiques dites « d’intégration auditive », dont la méthode Tomatis, ont fait preuve de leur absence d’effets ; elles ne sont pas recommandées pour les enfants/adolescents avec TED (grade B). »

 

Pour aller plus loin...

 

Que disent les recommandations de bonnes pratiques de l’HAS/ANESM (2018) ?

 

Dans les Recommandations sur les signes d'alerte, repérage, diagnostic et évaluation chez l'enfant et l'adolescent, parues en février 2018, il est recommandé de réaliser une évaluation du fonctionnement global de l'enfant comportant notamment «l'examen des processus d’intégration sensorielle.»

Dans les Recommandations sur les interventions et parcours de vie de l'adulte parues en février 2018, il est recommandé de « proposer à l’adulte autiste, tout au long de son parcours, une évaluation spécifique des profils sensoriel et moteur par un ergothérapeute ou un psychomotricien, lorsque des besoins ont été identifiés par l’adulte lui-même ou sont observés ou repérés par les professionnels qui l’accompagnent, notamment avec des outils d’évaluation génériques.[...]

Reconnaître la sensorialité et la motricité comme des compétenceet les utiliser dans la mesure du possible comme des médiateurs de relation.
Prendre en compte les particularités sensorielles de l’adulte autiste (sensibilité à la température, au toucher, etc.)les risques de surcharge sensorielle et les possibilités de variations  sensorielles pour une même personne afin de pouvoir mettre en place les aménagements nécessaires. » 
 
Pour aller plus loin...